Cahors sort du lot ! (Version 2025)

Cahors sort du lot ! (Version 2025)

Bonjour les amis, bienvenue sur Pod’Vins, votre podcast 100% Vins, mais pas que, je suis Arnaud, j’espère que vous allez bien, et aujourd’hui, nous repartons de nouveau dans le Sud-Ouest, pour une nouvelle version, une version enrichie, plus complète, du podcast sur l’appellation Cahors, qui produit des grands vins rouges, des vins qui ont une réputation de vins puissants voire rustiques mais qui ont beaucoup évolué ces dernières années et qui sont capables désormais de proposer des cuvées de haut vol, comme j’ai pu en goûter récemment.

La ville de Cahors est située à 1h30 environ au Nord de Toulouse, dans le département du Lot, et à vol d’oiseau, à égale distance de l’océan Atlantique, de la mer Méditerranée et des Pyrénées. Le vignoble est planté sur les coteaux et les terrasses de la vallée du Lot et de tous ses méandres sur une surface d’environ 4500 hectares répartis sur 45 communes.

C’est une magnifique région que les vignes partagent avec la rivière, les collines boisées, et les prairies aux portes du parc naturel régional des Causses du Quercy.

La grande richesse de Cahors, c’est son cépage et sa grande diversité de terroirs.

Au cours des derniers millénaires, le Lot a entaillé un plateau calcaire, formant aujourd’hui une magnifique vallée encaissée. De cette évolution subsistent deux grands ensembles. 

Tout d’abord, la vallée, avec ses terrasses que le Lot a façonnées au fil du temps, en pente douce avec, sur une base calcaire, un sol principalement composé d’alluvions et de sables limoneux en bordure de la rivière et plus argileux/caillouteux sur les terrasses supérieures. C’est à peu près 60% du vignoble.

Ensuite les causses à plus de 250 mètres d’altitude, des versants et des plateaux calcaires composés de pierrailles enrobées d’argile plus ou moins mêlées de marne, dans une zone plus fraîche, plus élevée et moins influencée par la rivière.

Et le climat parlons-en, il est océanique mais soumis à des influences méditerranéennes, donc moins pluvieux que le climat bordelais par exemple. Les précipitations sont bien réparties tout au long de l’année, les températures sont douces et le vignoble bénéficie d’un ensoleillement important, avec des étés chauds et une belle arrière-saison, renforcée par un vent d’autan chaud et sec qui permet aux raisins d’atteindre une parfaite maturité.

A cela s’ajoutent des influences montagnardes venues du Quercy qui apportent de la fraîcheur au vignoble.

Mais la pierre angulaire de l’appellation, c’est son cépage emblématique.

Les vins de Cahors furent d’abord en 1951 des vins VDQS, une appellation qui n’existe plus aujourd’hui et obtinrent l’AOC en 1971 exclusivement pour les vins rouges élaborés majoritairement à partir de…Malbec.

Cahors rime avec Malbec. En France, vous en avez aussi un peu dans le Bordelais et dans la Loire, mais sachez que le vignoble le plus planté en Malbec, et de loin, c’est l’Argentine et notamment la région de Mendoza dont on n’a déjà parlé. D’ailleurs c’est en partie grâce aux efforts commerciaux des argentins que le Malbec jouit aujourd’hui d’une notoriété internationale qui profite bien évidemment aux vins de Cahors. Parce qu’on ne va pas se mentir, Cahors n’a pas toujours eu bonne réputation et ses vins ont souvent été par le passé et peut-être même encore aujourd’hui des vins opulents un peu effrayants.

Alors aujourd’hui, les vins de Cahors sont connus partout dans le monde, et particulièrement grâce à ce Malbec et vous pourrez constater que c’est parfois le nom du cépage qui est mis en avant, plus que l’AOC, notamment pour les consommateurs anglo-saxons.

Sachez que le Malbec a d’autres petits noms. Tout d’abord le Côt qui est son nom ampélographique, l’Auxerrois, qui n’a rien à voir avec la ville d’Auxerre, qui est son nom d’usage local et donc le Malbec, son nom international en quelques sortes, issu du patronyme d’un négociant-vigneron bordelais, du nom de Malbec, qui en faisait la culture jadis.

Dans l’AOC, le Malbec est vinifié en mono-cépage principalement mais peut être complété par le Tannat et le Merlot, à condition qu’il représente seul au moins 70 % de l’assemblage. Le Malbec et Le Tannat apportent plutôt de la structure, des tannins et de la charpente, alors que le Merlot apporte plus de la rondeur.

Si l’on sort un peu de l’AOC Cahors proprement dite, on peut trouver d’autres cépages, notamment des cépages anciens et un peu oubliés. Comme le Prunelard par exemple. Le Prunelard, comme d’autres vieux cépages oubliés, a failli disparaître. Après la crise du Phyloxéra, des variétés plus productives lui ont été préférées pour reformer le vignoble et pallier à la pénurie de vin. Mais cela a été sans compter sur quelques vignerons qui ont décidé de le remettre au goût du jour, notamment du côté de Gaillac, mais pas que, également sur Cahors, à l’instar de Bertrand-Gabriel Vigouroux du château Haute-Serre par exemple, qui lui a consacré, depuis un peu plus de 10 ans, une parcelle dédiée sur le plateau de la Vallée du Lot. Il en sort une cuvée, Opuscule de Haute-Serre, Prunelard 127, vous l’aurez compris 100% Prunelard, en IGP du Lot.

Aujourd’hui on estime sa production à 70 hectares en France. Et ce cépage est intéressant car on le dit Père du Malbec, avec lequel on l’a même un temps confondu.

C’est un cépage très peu productif, délicat, qui produit des vins d’une belle finesse, des vins puissants mais élégants qui laissent surgir des arômes de prune et de pruneau, cela ne va pas vous étonner (et d’ailleurs le mot Prunelard fait référence à une ressemblance entre les baies du cépage et les prunes ou les prunelles) mais plus globalement des arômes de fruits noirs, aussi des notes poivrées, voire de garrigue.

J’ai eu l’occasion il y a quelques jours de goûter ce Prunelard et j’ai été conquis. Je voudrais donc saluer tous les vignerons, en France et ailleurs, qui n’hésitent pas à planter des cépages anciens et à les bichonner car ces cépages oubliés font partie de notre patrimoine ampélographique, voire de notre patrimoine tout court d’ailleurs et preuve en est qu’il est possible avec de la patience, de l’amour et du talent, de faire ressortir ce qu’ils ont de meilleurs, pour notre plus grand plaisir.

La réputation des vins de Cahors, comme on l’a dit, c’est d’être des vins puissants, charpentés, voire rustiques, très tanniques et nul doute que certains le sont toujours. Mais les vignerons de l’AOC ont su renouveler le style des vins pour en faire des vins plus élégants et plus séduisants avec des rendements plus faibles, des tannins plus fins, des vinifications plus douces et moins d’extraction.

Retenez qu’à Cahors, le Malbec permet d’élaborer aujourd’hui une palette de vins très large : des vins souples et fruités jusqu’au vin charpenté et tannique, apte à la garde et capable de se bonifier sur 10 ou 20 ans.

Ils ont en général une robe sombre, presque noire, d’ailleurs on les a longtemps appelés les Black Wine, et un dicton de la région dit que « Si tu vois tes doigts à travers la robe du vin, alors ce n’est pas du Cahors ». On trouve des parfums complexes sur les fruits rouges et noirs (pruneau, mûre et cassis), avec des notes d’épices (comme la cannelle ou le poivre), de cacao, de sous-bois et parfois des notes trufées.

Mais toujours avec de la fraîcheur et de la vivacité.

Le vin de cahors se marie parfaitement avec la cuisine du Sud-Ouest évidemment, un magret ou un confit de canard, avec une belle côte de bœuf, c’est sûr il répondra présent, avec de la charcuterie pour les vins plus légers, le gibier, une daube ou encore un bon cassoulet si le cœur vous en dit.

Il y a plus de 300 domaines sur Cahors, les trois quarts des producteurs sont des caves particulières, pour un quart de coopérateurs et adhérents à l’unique cave coopérative de l’appellation : les Côtes d’Olt aujourd’hui intégrée au Groupe Vinovalie.

Parmi les domaines connus je peux vous citer bien sûr le Château du Cèdre, le Clos Triguedina, le Domaine Cosse-Maisonneuve, le Château Lagrezette, Les Roques de Cana, le Domaine La Borie, le château Haute-Serre dont nous avons parlé et bien d’autres comme d’habitude, je ne peux pas citer tout le monde, il y en d’autres qui travaillent très bien puisqu’une grande majorité est déjà engagée dans une démarche environnementale respectueuse.

Vous avez des Cahors à tous les prix mais ils restent des vins abordables dans l’ensemble avec quelques cuvées plus prestigieuses, on les trouve sans trop de difficultés et s’il vous prend l’envie de boire des blancs, des rosés ou même des effervescents, vous les trouverez en IGP Côtes du Lot ou en Vin de France.

A ce sujet Cahors semble être un très beau terroir à blancs, à base de Chardonnay, de Chenin, de Viognier ou encore de Vermentino notamment, on y trouve des calcaires identiques à ceux de Chablis par exemple et il y a certains résultats très intéressants. Entreront-ils un jour dans l’AOC, l’avenir nous le dira…

Dans l’AOC, vous aurez donc le choix entre des vins plus légers et fruités ou des vins très costauds, de garde, qui demandent du temps pour s’assagir, tout cela en fonction de leur terroir et des choix des vignerons. Il faudra donc bien choisir son vin pour ne pas le boire à contre-courant.

Quoiqu’il en soit, oubliez ce que vous pensiez de cette appellation, soyez curieux, foncez sur les vins de Cahors, avec modération comme toujours.

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