Salut à tous les amis, bienvenue sur Pod’Vins, votre podcast 100% Vins, mais pas que, je suis Arnaud, j’espére que vous allez bien et je vous propose de poursuivre notre exploration des AOC françaises et de nous rendre une nouvelle fois dans le Sud-Ouest et plus exactement dans les Côtes du Marmandais.
Les vignes de l’appellation sont exploitées sur 27 communes du Lot-et-Garonne et c’est surtout autour de la ville de Marmande qu’elles se concentrent, une ville située quasi à equi-distance de Bordeaux et d’Agen. Marmande est surtout traversée par la Garonne. Et c’est important car le vignoble du Marmandais se situe des deux côtés du fleuve, avec des vignes qui se font face, dans un beau décor de plaines, de collines et de vallons.
Et les deux rives de la Garonne jouissent de terroirs relativement différents.
Sur la rive droite, on trouve plutôt des coteaux aux sols argilo-calcaires, bien drainés, qui donnent aux vins du Marmandais un caractère plus rond, plus élégant et plus soyeux.
Sur la rive gauche, ce sont essentiellement des plaines issues des anciennes terrasses alluviales du fleuve, avec des sols de graves comme à Bordeaux, composées de graviers, de marnes, de sables et de couches d’argile. Donc des sols plus chauds sur lesquels on va produire des vins avec plus tannique, plus structuré.
L’appellation d’origine contrôlée « Côtes du Marmandais », qui date de 1990 et qui rassemble un peu plus de 1300 ha, est réservée aux vins tranquilles blancs, rouges ou rosés, issus de l’assemblage d’au moins deux cépages.
Toutefois, on y fait essentiellement du rouge, à 90 %, à base de cépages bordelais, c’est pas étonnant puisqu’on est aux portes de l’Entre Deux Mers, comme le merlot, le cabernet sauvignon, le cabernet franc ou le Malbec, mais également à base de cépages comme le Fer, le Gamay et un cépage autoctone, véritable signature de l’appellation, qui s’appelle l’ Abouriou.
L’Abouriou, c’est un cépage oublié, trouvé par un vigneron dans un château abandonné dans le Nord du département, et qui a été réintégré dans les vignes. Et au moment de postuler pour obtenir l’AOC, ce cépage fut pour les vignerons locaux, un bon moyen de valoriser leurs vins et promouvoir la typicité de leurs vins.
Les vins des Côtes du Marmandais peuvent être des vins fruités, des vins gouleyants, des vins de copains, comme on dit, sur des arômes de fruits rouges et fruits noirs et qui vont bien avec un beau plateau de charcuterie, une viande rouge a la plancha voire une viande blanche, ou des vins plus structurés, plus tanniques, plus complexes, à la robe sombre, qui peuvent se conserver une dizaine d’années, et qui font merveille avec tout ce que le Sud-Ouest peut nous offrir d’un point de vue gastronomique.
Côté blanc, on est surtout sur du Sauvignon, avec des vins secs, à la fois ronds, vifs et légers sur des notes de fruits exotiques et de fleurs blanches. On trouve aussi de la Muscadelle et du Sémillon comme à Bordeaux.
La vigne est ici plantée depuis l’époque romaine mais la crise phylloxérique et les deux guerres mondiales lui portèrent un sacré coup et elle commença à péricliter au profit des cultures légumières et du tabac. Si bien qu’au final à Marmande, on finit par ne cultiver la vigne que pour une consommation locale.
Oui mais voilà, le vignoble va renaître avec des initiatives comme la création de la cave coopérative de Beaupuy en 1946, située rive droite, la reconnaissance du vignoble en AVDQS en 1955 et la création de la cave de Cocumont en 1957, située cette fois rive gauche, les deux caves coopératives finissant par fusionner en 2003 pour devenir la Cave du Marmandais, puis plus récemment, les Marmandais.
Cette cave est omniprésente puisqu’elle représente plus de 90% des volumes mais quelques vignerons indépendants font des vins très intéressants et parmi eux, un que j’aime particulièrement qui s’appelle Elian Da Ros.
Les vins des Côtes du Marmandais ont un bon rapport qualité prix, entre 10 et 15 euros, 20 euros maximum et c’est une façon de aussi de découvrir de nouveaux cépages comme l’Abouriou qui font l’identité et la particularité de nos régions. Et comme le dit Elian Da Ros, le vin est une fête, aussi je vous souhaite d’excellents moments de partage autour des vins du Marmandais, avec modération bien sûr.


