Bonjour les amis, bienvenue sur Pod’Vins, votre podcast 100% Vins, mais pas que, je suis Arnaud, j’espère que vous allez bien, et que vous êtes prêt pour un nouveau voyage qui nous conduit aujourd’hui dans la vallée de la Loire, à 20 kilomètres au Sud d’Angers très exactement, dans le Maine et Loire. Et l’appellation dont nous allons parler, ce sont les Coteaux-du-layon.
Je vous rappelle que la vallée de la Loire, ce sont 3 grandes régions viticoles, la Touraine, le Pays Nantais et l’Anjou, auquel appartiennent les Coteaux du Layon mais aussi les vignobles du Massif Central comme Saint-Pourçain ou ceux du Centre-Loire comme Sancerre par exemple.
Vous avez peut-être déjà croisé la route d’un vin des Coteaux-du-Layon, à la fin d’un repas ou lors d’un goûter, puisqu’il s’agit d’un vin blanc moelleux ou liquoreux, donc sucré, élaboré exclusivement à partir du cépage emblématique de la Loire, le Chenin, qu’on appelle aussi localement le Pineau de la Loire.
Alors petite aparté : quel est la différence entre un vin moelleux et un vin liquoreux? Et bien, c’est la quantité de sucres résiduels qu’il y a dans le vin. Pour un vin moelleux, c’est entre 12 et 45g de sucre et pour un vin liquoreux, c’est au-dessus de 45 grammes. Et c’est quand même une information importante quand vous achetez un vin, en fonction de votre propre de goût et des conditions dans lesquelles vous allez le boire.
Un Coteaux-du-Layon est produit grâce à la pourriture noble qui résulte de l’action du Botrytis, ce champignon qui vient déshydrater les grains de raisins et concentrer les sucres, comme on l’a déjà vu dans de précédents podcasts, notamment du côté de Sauternes. Car les conditions ici sont propices à son développement, grâce au Layon, ce petit cours d’eau de 70 km sur la rive gauche de la Loire qui permet d’avoir de l’humidité le matin, des brouillards matinaux en automne, suivis d’ensoleillement l’après-midi. Et ça, la Botrytis en raffole. Mais le vin peut être aussi produit ou complété par des raisins issus d’un passerillage sur souche, c’est-à-dire le désèchement des baies sur les ceps.
L’appellation Coteaux-du-Layon, créée en 1950, peut être suivie par le nom de 6 communes sur les 13 qu’englobe l’appellation. Ce sont Beaulieu-sur-Layon, Faye-d’Anjou, Rablay-sur-Layon, Saint-Aubin-de-Luigné, Saint-Lambert-du-Lattay et Rochefort-sur-Loire.
Et arrêtons-nous une minute sur Rochefort-sur-Loire car sur le territoire de cette petite commune, vous pouvez trouver aussi deux autres appellations, le seul premier cru de Loire, c’est Coteaux-du-Layon 1er cru Chaume et l’AOC Quarts-de-Chaume, le premier grand cru de la Loire.
Il est enfin possible de rajouter après Coteaux du Layon, la mention « sélection de grains nobles », c’est-à-dire récoltées en surmaturité, pour les vins répondant aux conditions fixées dans le cahier des charges.
Le vignoble des Coteaux-du-Layon occupe les versants de coteaux le long du Layon, qui coule dans le creux d’une petite vallée d’orientation sud-ouest/nord-est, en amont, puis nord-ouest jusqu’à sa confluence avec la Loire, dont il est un affluent. Les coteaux de la rive droite sont très abrupts, avec une pente pouvant atteindre 40 %, alors que sur la rive gauche, les pentes sont généralement plus douces.
Le vignoble de l’AOC Coteaux-du-Layon s’étend sur 1400 hectares et est implanté sur la partie sud-est, du Massif armoricain, avec des sols constitués principalement de schistes et de grès, des sols bruns peu profonds, de couleur sombre qui vaut à la région le nom d’Anjou Noir, l’Anjou blanc se situant autour de Saumur et son célèbre tuffeau.
Les vins du Coteaux-du-Layon sont des vins élégants où l’acidité naturelle du chenin compense le sucre, ce qui permet de ne pas avoir de vins lourds mais plutôt avec une belle fraîcheur. Ce sont aussi bien sûr des vins avec une belle complexité aromatique, avec tout un tas d’arômes comme les fleurs blanches, les fruits exotiques, les fruits à noyau, la poire,des arômes qui évoluent avec le temps vers les fruits confits, les fruits secs, le miel.
Car comme tous les liquoreux, ils peuvent se garder des dizaines d’années, voire plus, mais pas besoin d’attendre aussi longtemps, vous pouvez déjà en mettre de côté pour les 18 ans de vos petits-enfants ou arrière-petits-enfants.
Nous avons déjà évoqué la façon de boire des vins sucrés mais pour faire simple, je vous conseille un dessert bien sûr, des fromages persillés, genre fourme d’Ambert, roquefort, sur de la cuisine asiatique un peu pimentée ou juste pour lui-même si le cœur vous en dit.
Il y a environ 300 producteurs sur l’appellation dont le Domaine Ogereau, le domaine Pierre Bise, Michel Robineau, Philippe Delesvaux entre autre.
Les Coteaux du Layon ne sont pas excessivement chers, entre une dizaine et une vingtaine d’euros, et il faut le souligner car c’est quand même beaucoup de travail et un travail fastidieux. Il faut attendre la surmaturité des baies et la pourriture noble et récolter les raisins par tries successives manuellement afin de sélectionner les baies aptes à produire ce genre de vins. D’autant qu’après l’explosion des vins sucrés dans les années 90/2000, ils souffrent aujourd’hui d’une petite désaffection. Et c’est bien dommage, parce que je ne vous dis pas d’en boire tous les jours mais de temps en temps, c’est très agréable et comme nous l’avons dit, cela peut donner de fabuleux accords, avec modération bien sûr.


