Nuits-Saint-Georges, de la terre à la lune

Nuits-Saint-Georges, de la terre à la lune

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Parce qu’il s’en passe des choses sur Pod’Vins, comme aujourd’hui où je vous emmène en Bourgogne, en Côte de Nuits très exactement. Alors, je vous fais un petit rappel. Vous avez la région viticole de Bourgogne avec plusieurs zones, dont la Côte d’Or, la plus prestigieuse, et 2 parties, la Côte de Beaune au Sud et la Côte de Nuits au Nord.

Et en Côte de Nuits, il y a de fabuleux vignobles et notamment celui de Nuits-Saint-Georges qui s’étend sur le village de Nuits-Saint-Georges et celui de Prémeaux-Prissey. Et pour la situer, c’est la première grande appellation de Côte de Nuits que l’on trouve en venant de Beaune et en allant vers le Nord, vers Dijon, donc la plus méridionale.

Alors pourquoi parlons-nous aujourd’hui de Nuits-Saint-Georges? Et bien figurez-vous que le 8 mars aura lieu la 65ème édition de la vente des Hospices de Nuits, une vente aux enchères qui se tient chaque année sur le même modèle que la vente des Hospices de Beaune, pour ceux qui ont écouté le podcast sur ce sujet.

C’est dire si Nuits-Saint-Georges est connue dans le monde et pourtant il n’y a aucun Grand Cru sur l’appellation, seulement, peut-on dire, 41 Climats classés en Premier Cru, situés à l’Ouest de la fameuse D974. On retrouve les Vaucrains, les Cailles, Champs-Perdrix, Porets, les Clos de la Maréchale, des Argillières, des Forêts-Saint-Georges, des Corvées, de l’Arlot. Et le fameux Saint-Georges qui d’ailleurs donna son nom au village en 1892, puisqu’il s’appelait Nuits-sous-Beaune jusque-là. Comme le firent plusieurs villages voisins, c’est-à-dire apposer à côté du nom du village le nom de la meilleure parcelle : Gevrey-Chambertin, Chambolle-Musigny, ou encore Vosne-Romanée.

Si bien que le 1er cru Saint-Georges pourrait bien devenir le 1er Grand Cru de l’appellation. En tous cas, un dossier a été déposé à l’Inao en ce sens. Affaire à suivre…

Nuits-Saint-Georges est une appellation bien ancrée à cette terre bourguignonne mais une appellation qui a aussi un peu la tête dans les étoiles. Et ça, c’est grâce à Jules Verne qui publia en 1869 son roman Autour de la Lune (la suite De la Terre à la Lune, sorti en 1865), dans lequel les trois passagers en orbite autour de la lune débouchent une bouteille de Nuits-Saint-Georges, qui, nous raconte l’auteur, se trouvait « par hasard » dans le compartiment des provisions.

Quasiment 100 ans plus tard, en 1971, la mission Apollo 15 nomma un des cratères de la lune, lieu de leur alunissage, le cratère Saint-George, en référence au roman de Jules Verne.

Il ne me semble pas que Jules Verne précise dans son roman la couleur du vin dégusté par ses personnages mais il est fort à parier qu’il s’agit d’une bouteille de vin rouge. Car la Côte de Nuits est surtout une terre de rouges, bien sûr à base de Pinot Noir. Sur les 325 hectares de l’AOC Nuits-Saint-Georges, plus de 95% de la production concernent les vins rouges et moins de 5% les blancs à base de Chardonnay, évidemment. Même si le cahier des charges de l’appellation autorise le Pinot Blanc et le Pinot Gris (mais celui-ci uniquement pour les rouges), et ce à hauteur de 15%.

Alors comment pourrait-on définir les vins de Nuits-Saint-Georges?

Ce sont des vins de haut niveau, à la fois élégants et puissants, tanniques, sur des notes de rose, de réglisse, de cerise, de fraise, de cassis, qui évoluent avec le temps sur le gibier, le cuir ou la truffe.

Des vins qui appelent de belles pièces de viande, une côte de bœuf, du gibier, un ragoût, bref, un plat qui saura les mettre en valeur.

Bien sûr comme toujours, la qualité du vin dépend du talent du vigneron, mais surtout du terroir qui permet aux vignes de s’épanouir. Un terroir qui combine ici, selon l’emplacement du climat, une exposition majoritairement Est mais également Sud-Est et plein Sud par endroit et un sol essentiellement calcaire, enrichis en argile dans la partie la plus basse des coteaux, ce fameux calcaire de Comblanchien.
Pourquoi fameux ? Tout simplement parce que le village de Comblanchien, situé à quelques encablures de Nuits-Saint-Georges, est célèbre pour ses carrières d’où l’on extrait un calcaire de couleur beige, une pierre qui a servi à bâtir de nombreux monuments historiques (le sol de la Basilique Saint-Denis, l’opéra de Paris notamment) et aujourd’hui bénéficiant même d’une IGP.

L’histoire et Nuits-Saint-Georges sont donc intimement liés. D’autant plus qu’il s’agit de l’une des plus anciennes AOC françaises, créée en 1936, et même la commune dans laquelle fut créée, deux ans plus tôt, en 1934, la Confrérie des Chevaliers de Tastevin, qui ensuite déménagea au château du Clos-Vougeot.

Nuits-Saint-Georges est donc bien une appellation à part, avec de nombreuses particularités et qui souffre peut-être de ne pas revendiquer, pour l’instant, de Grand Cru porte-drapeau. Mais les amateurs du monde entier ne s’y trompent pas. Ainsi, bien difficile de trouver des bouteilles à prix raisonnable. Il faudra compter dans les 50 euros pour un village et largement plus de 100 euros pour un 1er cru. Et ça peut monter en fonction de la renomée de la parcelle ou celle du vigneron. Et il y a énormément de vignerons ou de domaines talentueux sur Nuits-Saint-Georges.

Il n’est pas facile aujourd’hui de se permettre de boire régulièrement des vins de Nuits-Saint-Georges tant la demande et les prix pour cette appellation ont flambés. Comme pour la côte d’Or en général. Il faut donc prendre cette occasion, si elle se présente, comme un petit plaisir, un privilège qui nous est offert et c’est bien ça la magie du vin. Je vous souhaite donc ces petits moments de bonheur, avec modération comme toujours.

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