Bonjour à tous et à toutes, bienvenue sur Pod’Vins, votre podcast 100% Vins, mais pas que, je suis Arnaud, je suis trés heureux de vous retrouver pour un nouvel épisode une fois de plus, dans lequel nous allons parler des facteurs qui influencent nos actes d’achat.
Car à moins de savoir très exactement ce que l’on veut, ce qui est rarement le cas, choisir une bouteille de vin n’est pas si simple car notre décision est influencée par une multitude de facteurs. Et bien avant même d’avoir goûté le vin, notre cerveau a déjà construit une attente, et par la suite cette attente influence fortement notre perception. Alors je me suis posé une question : qu’est-ce qui guide vraiment nos choix au moment d’acheter une bouteille ?
Le nom du domaine, sa réputation et son image sont souvent le premier filtre au moment de l’achat. Un nom prestigieux, quand bien même ce soit un cousin par alliance d’un vigneron célèbre, une région bien connue ou un domaine réputé inspirent immédiatement confiance. À l’inverse, un vin inconnu peut susciter de l’hésitation.
C’est tout à fait normal car, dans le doute et l’incertitude, notre cerveau cherche des repères. Une appellation célèbre, Pauillac par exemple ou un producteur très connu réduit le risque perçu et rassure le consommateur.
Malheureusement, dans certains cas, la réputation repose autant sur le story telling et le marketing que sur la qualité réelle, encore plus maintenant avec ceux qui manient à la perfection les réseaux sociaux. Alors évidemment, de très nombreux domaines font honneur á leur réputation par la qualité de leurs vins, et heureusement, mais certains vins moins connus offrent un rapport qualité/prix peu intéressant.
L’étiquette en elle-même est bien souvent trompeuse. Qui n’a pas déjà acheté un vin parce que l’étiquette était rassurante, avec château Tartanpion, un design un peu vieilli et une calligraphie style ancien comme signe de longévité du domaine. Sans parler de mots bien choisis comme Tradition, Réserve ou Cuvée spéciale, qui la plupart du temps ne veulent absolument rien dire. Et pourtant, combien de fois ai-je entendu : il doit être bon, c’est une cuvée spéciale!..
Malheureusement, tous ces termes ne sont bien souvent aucunement reglementés et ne servent qu’à créér, avec beaucoup de succès d’ailleurs, qu’une attente positive du consommateur.
Et que dire des médailles, ces autocollants dorés qui attirent immédiatement l’œil et qui transmettent un message très simple : “ce vin a été récompensé”. En soi, il est légitime de se dire que c’est plutôt positif mais que savons-nous du concours, des jurys, des critères d’attribution des récompenses et du nombre de gagnants. Pas grand-chose la plupart du temps. Loin de moi l’idée de dénigrer tous ces concours, disons qu’ils représentent en quelques sortes un indicateur, parce qu’une majorité de gens semble avoir apprécié le vin mais en rien une garantie.
Il en est de même pour les mentions Bio, Biodynamie ou Nature qui jouent elles sur une dimension éthique et émotionnelle. Nul doute que ces labels ont un impact réel et influencent fortement la perception d’un vin. Ils donnent l’image d’un produit sain et respectueux de l’environnement et franchement on ne peut que s’en féliciter. Alors autant le mettre en avant et que le consommateur le sache. Mais attention, ces labels ne sont en aucun cas un gage de qualité. Il y a de très mauvais vins bio car si la matière première est saine, encore faut-il savoir la travailler, vendanger au bon moment et savoir vinifier. Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde.
Le millésime joue également un rôle à deux niveaux. Tout d’abord, des consommateurs initiés peuvent considérer qu’un millésime qu’ils savent de bon niveau dans une région donnée est un gage de qualité pour l’ensembe des vins de cette région cette année-là. Alors oui et non. Il est vrai que certains très beaux millésimes rendent parfois impossible la production de mauvais vins. C’est ce qu’on appelle les millésimes faciles. Mais encore une fois, ce n’est aucunement une garantie.
Ensuite, on peut avoir tendance à considérer, à tort, qu’un millésime ancien est gage de qualité et cela peut influencer fortement la décision. C’est bien sûr absurde car il faut déjà connaître parfaitement le millésime en question, et surtout connaître l’évolution du vin à travers le temps. Beaucoup de vins n’ont pas un grand potentiel de garde quand d’autres sont vinifiés pour être plutôt bus jeunes, plus en adéquation avec l’évolution des modes de consommation actuels. Donc dire : ce vin a 10 ans, il doit être bon, n’a aucun sens, sauf à connaître parfaitement le vin.
Les guides et les notes sont un sujet plus compliqué car ils représentent en quelques sortes une autorité incontestable. Et je n’ai aucun doute sur le fait qu’une grande partie des achats faits dans les foires aux vins par exemple se basent sur ces recommendations préalables. Acheter un vin noté 95/100 nous semble, avant même de l’avoir goûté, un bon vin.
Normal, les dégustateurs sont aguerris, c’est leur métier. Comment remettre en cause leurs jugements? Ce serait comme remettre en cause l’avis donné par son médécin. Enfin, pas tout à fait, car la dégustation de vin inclue un paramètre fondamental et qui lui est incontestable : votre goût.
Car ces notes proviennent d’experts et loin de moi l’idée de remettre ce travail en cause et cela me paraît même une source pertinente d’information, je ne vais donc pas vous dire de ne pas leur faire confiance, mais gardons quand même à l’esprit que le goût de chacun est subjectif et que le vôtre vous est propre et encore une fois, incontestable.
Enfin le prix, c’est probablement l’influence la plus forte et certaines études montrent que plus un vin est cher, plus on a tendance à le trouver bon. Tout simplement parce que l’être humain associe le prix à la qualité et c’est un effet psychologique très puissant. En réalité, vous le savez bien, il existe d’excellents vins à petit prix et des vins beaucoup trop chers pour le plaisir qu’ils procurent.
Au moment de choisir un vin, nous ne sommes pas aussi rationnels qu’on le pense. Et c’est bien normal, il ne faut pas culpabiliser. Nous faisons avec les connaissances et les moyens à notre disposition et souvent une bonne part de feeling.
Notre décision est influencée par des repères (le nom, la région), des signaux de confiance (les notes, les médailles), des valeurs auxquelles nous sommes attachées (bio, nature), nos moyens financiers et beaucoup de marketing.
Alors parfois on a de la chance et d’autres fois un peu moins.
Alors vous vous dîtes, tu es bien gentil mais on fait comment du coup? Je dirais goûter, aller voir les vignerons, être curieux et peut-être aussi acheter son vin auprès de gens de confiance, les cavistes par exemple, lire les avis de dégustation de personnes indépendantes sur des forum également, même si rien n’empêche de suivre les conseils d’experts avec toujours avec un peu de recul pour ne pas tomber dans le piège de trouver un vin bon avant de l’avoir goûté. De toute façon, seule la dégustation doit être votre juge de paix, avec modération bien sûr.


