Bonjour à tous et à toutes, bienvenue sur Pod’Vins, votre podcast 100% Vins, mais pas que, je suis Arnaud, j’espère que vous allez bien et êtes prêts à saliver de plaisir car aujourd’hui, c’est un épisode un peu différent, pour la bonne raison que je vais vous parler des plus grands vins français.
Mais je ne vais pas vous faire un inventaire, d’une part parce qu’il y en a trop et d’autre part, parce que cette notion est subjective. Je vais donc juste imaginer qu’un génie sort d’une lampe magique et me propose de m’offrir 10 bouteilles de mon choix parmi tous les vins produits en France.
J’insite, cette liste ne repose sur rien, si ce n’est mon bon plaisir. Et j’ai décidé de vous la partager.
Je n’ai aucune hésitation sur le premier vin. A tout seigneur, tout honneur, bien sûr La Romanée Conti.
La Romanée-Conti est sans doute le vin le plus mythique et le plus convoité au monde, sommet absolu du Pinot Noir en Bourgogne. Cette cuvée provient d’un minuscule vignoble de seulement 1,8 hectare, monopole historique du domaine éponyme situé au cœur de Vosne-Romanée.
La Romanée-Conti bénéficie d’un terroir unique qui donne naissance à un vin d’une profondeur et d’une complexité incomparables. La viticulture y est menée en biodynamie, avec un soin extrême porté à chaque pied de vigne, et des rendements très faibles. C’est un vin quasi-introuvable, seule une bouteille est attribuée chaque année aux heureux allocataires de la fameuse caisse que produit le domaine.
Romanée-Conti est plus qu’un vin, c’est une expérience sensorielle et émotionnelle unique, une œuvre d’art qui incarne l’expression la plus pure du terroir, du temps et du savoir-faire des Hommes.
Pour mon deuxième vin, je me dirige vers la Côte de Beaune cette fois-ci et je pose sur ma liste un Meursault 1er Cru Perrières du Domaine Coche-Dury.
Le Domaine Coche-Dury est une référence absolue en Bourgogne, la star incontestée de l’appellation Meursault. Ce domaine familial a acquis une réputation quasi mythique, qui classe son cru emblématique les Perrières au sommet de la hiérarchie des grands vins blancs du monde, un vin d’une précision chirurgicale.
Issu du climat nommé Perrières, ce terroir se distingue par ses sols pierreux riches en calcaire, conférant au vin une tension et une énergie remarquables.
Et que dire de la vinification qui atteint un niveau d’exigence rarement égalé.
Le vin impressionne par sa pureté et sa profondeur.
Le Meursault Perrières de Coche-Dury est souvent considéré comme un “grand cru officieux”, capable de rivaliser avec les plus grands Chardonnays de Bourgogne, tout en développant avec le temps une complexité et une noblesse hors du commun.
Mon troisième vin est également bourguignon, je ne fais pas mystère de mon amour pour ce vignoble. Et ce serait un Musigny Grand Cru du domaine Leroy.
Lalou Bize-Leroy est la Grande Dame de la Bourgogne, une figure incontournable du vignoble bourguignon, vinificatrice et dégustatrice hors pair. Et le domaine incarne sa vision très personnelle du vin, radicale et perfectionniste.
Issu du prestigieux climat Musigny, terroir emblématique de la Côte de Nuits, ce grand cru est cultivé en biodynamie avec des rendements extrêmement faibles, favorisant une concentration et une intensité hors normes. Chaque étape, de la vigne à la cave, est menée avec une exigence absolue.
Ce Musigny fascine par sa profondeur, une complexité et une longueur spéctaculaires, presque mystiques.
À la fois puissant et d’une délicatesse extrême, ce vin défie le temps avec une capacité de garde exceptionnelle. Véritable objet de culte, le Musigny Grand Cru du domaine Leroy dépasse la notion de grand vin, au panthéon de l’œnologie mondiale.
Enfin, pour en finir avec la Bourgogne, parce qu’il faut quand même un peu de diversité dans ma liste, je demande un Chambolle Musigny les amoureuses du domaine Roumier. Etrange peut-être de classer un 1er Cru tant il y a de grands crus en Bourgogne. Oui mais voilà, les Amoureuses n’est pas un climat comme les autres.
Produit par le mythique Domaine Georges Roumier, ce premier cru est souvent considéré comme un “grand cru en puissance”, tant sa finesse et son élégance, qui lui ont valu son nom, rivalisent avec les plus grands noms de la Côte de Nuits.
Plus qu’un grand vin, Les Amoureuses de Roumier est souvent décrit comme une émotion pure : un vin d’équilibre et de dentelle, capable de traverser les années tout en conservant une fraîcheur vibrante et une complexité envoûtante.
Histoire de faire pétiller ma liste, mon cinquième vin est un Champagne et pas n’importe lequel, un Clos d’Ambonnay de la maison Krug.
Le Clos d’Ambonnay est une cuvée confidentielle produit par l’une des maisons les plus prestigieuses de Champagne. Il s’agit d’un clos, c’est-à-dire une parcelle protégée par des murs depuis 1766, extrêmement petite, à peine plus d’un demi-hectare, située dans le village d’Ambonnay. Acquise par Krug dans les années 1990, cette vigne repose sur un terroir exceptionnel et donne naissance à une cuvée produite en quantités infimes, uniquement lors de millésimes jugés exceptionnels. La dernière édition date de 2008. Cette rareté, combinée à l’exigence légendaire de la maison, en fait un champagne exceptionnel.
Comment ne pas inclure des grands vins du Rhône dans cette liste? Et notamment un Châteauneuf-du-Pape, le Château Rayas.
Le château Rayas est le joyau des vins produits par Emmanuel Reynaud, avec la particularité d’être produit à 100% à partir de Grenache, alors que les autres vins de l’appellation sont des assemblages issus des 13 cépages autorisés.
La qualité des vins en a fait une icône de la région, leur caractère soyeux, l’harmonie entre la finesse et la puissance et cette palette aromatique qui ne semble plus finir, font de Rayas une référence, un vin que chaque amateur rêve de pouvoir goûter un jour.
Par gourmandise, j’inclus dans ma liste un Hermitage Cuvée Cathelin de Jean-Louis Chave pour mon septième vin.
Véritable micro-cuvée née en 1990 en hommage au peintre Bernard Cathelin, elle n’est produite que lors de millésimes jugés exceptionnels, en quantités infimes.
Issue des plus grands lieux-dits de la colline de Hermitage, tels que Bessards, Méal ou l’Ermite, cette cuvée 100 % Syrah fait l’objet d’une sélection drastique des meilleures barriques après élevage.
Elle se distingue par une concentration hors norme, une texture dense et soyeuse, et une complexité aromatique remarquable.
Plus qu’un grand vin, Cathelin est un Hermitage sublimé, alliant puissance et finesse, capable de traverser les décennies avec une élégance rare. Son extrême rareté en fait un vin de légende, convoité par les amateurs comme par les collectionneurs du monde entier.
N’ayant mis que deux vins blancs dans ma liste, j’ajoute maintenant une Coulée de Serrant de Nicolas Joly pour mon huitième vin.
La Coulée de Serrant du Nicolas Joly est l’un des vins blancs les plus singuliers et emblématiques de la Loire, et sans doute l’expression la plus radicale du chenin en biodynamie.
Issu d’un clos historique de 7 hectares surplombant la Loire, planté dès le XIIᵉ siècle par des moines cisterciens, ce vin bénéficie de sa propre appellation, comme la Romanée Conti, et d’un monopole absolu du domaine.
Entièrement élaborée à partir de chenin, la Coulée de Serrant se distingue par une approche viticole extrême : agriculture biodynamique intégrale, vendanges en tries successives de raisins très mûrs (voire botrytisés), vinification peu interventionniste et élevage sans bois neuf pour préserver l’expression du terroir.
Un vin capable de traverser le temps tout en conservant une énergie absolue.
Il ne me reste que deux vins et bien sûr ils doivent être bordelais.
Je ne peux pas faire l’impasse sur le château d’Yquem.
Le Château d’Yquem est sans doute le plus mythique des vins liquoreux dans le monde, une référence absolue de l’appellation Sauternes et le seul domaine à avoir été classé Premier Cru Supérieur lors du Classement de 1855.
Situé sur un terroir unique où se conjuguent brumes matinales et ensoleillement, Yquem doit sa singularité au développement du botrytis cinerea, la “pourriture noble”, qui concentre les sucres et les arômes des raisins de sémillon et de sauvignon blanc. Les vendanges s’effectuent en tries successives, grain par grain, les vendangeurs ne retenant que les baies parfaitement confites.
Son équilibre est magistral, porté par une fraîcheur vibrante et une palette aromatique immense qui lui confère une longueur presque sans limites.
Le Château d’Yquem est bien plus qu’un vin : c’est une œuvre intemporelle, où puissance, grâce et complexité atteignent une forme d’absolu.
Pour mon dernier vin, le génie est généreux mais il ne faut pas éxagérer, comment choisir entre tous les grands crus de Bordeaux. Du coup, peut-être à la surprise de beaucoup, j’opte pour un Pomerol, parce que j’adore cette appellation, et le Château Le Pin.
Le Château Le Pin est l’une des icônes les plus confidentielles et recherchées de Pomerol, incarnant le luxe et la rareté dans le monde du vin. Créé à la fin des années 1970 par Jacques Thienpont, ce micro-domaine d’un peu plus de 2 hectares produit des quantités infimes, quasiment de manière artisanale.
Issu majoritairement de merlot, Le Pin se distingue par une approche “haute couture” : vendanges manuelles minutieuses, tri drastique, élevage en barriques neuves avec une précision extrême. Chaque millésime est travaillé comme une pièce unique.
Le Château Le Pin est discret mais s’est imposé comme un mythe moderne, rivalisant avec les plus grands noms, grâce à sa personnalité unique et à une production d’une extrême confidentialité qui en fait l’un des vins les plus chers et convoités au monde.
Voilà les amis, je ne pourrai malheureusement pas tous vous inviter pour cette grande dégustation, parce que, simplement elle n’aura jamais lieu, mais on le droit de rêver et ça fait du bien. Alors si vous aussi, vous apercevez un génie, soyez prêt. Et le mieux c’est encore de préparer votre propre liste et de nous la partager dans les commentaires, sans modération.


