Dolcetto d’Alba, pas si doux

Dolcetto d’Alba, pas si doux

Bonjour à tous et à toutes, bienvenue sur Pod’Vins, votre podcast 100 % vins… mais pas que ! Je suis Arnaud et je suis très heureux de vous retrouver aujourd’hui pour parler d’une petite appellation italienne, nichée au cœur de l’une des plus belles régions viticoles au monde.

Nous sommes dans le Piémont, au sud de Turin, dans les Langhe, ce paysage de collines inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une région mondialement connue pour ses deux locomotives que sont Barolo et Barbaresco, mais aussi pour ses noisettes et les célèbres truffes blanches d’Alba.

C’est justement autour de cette petite ville d’Alba, véritable capitale gastronomique du Piémont, que nous allons nous arrêter aujourd’hui.

Alba est entourée de vignes. Si Barolo et Barbaresco concentrent souvent toute la lumière, la région abrite également d’autres appellations plus discrètes, mais tout aussi intéressantes. Parmi elles, quatre portent directement le nom de leur cépage : Nebbiolo d’Alba, Barbera d’Alba, Dolcetto d’Alba et Dolcetto di Diano d’Alba.

Direction aujourd’hui la DOC Dolcetto d’Alba.

Créée en 1974, elle couvre près de 1 900 hectares répartis sur 35 communes, à cheval sur les provinces de Coni et d’Asti. Elle s’étend principalement au sud d’Alba et entoure en partie les célèbres zones de production du Barolo.

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, le Dolcetto ne produit pas des vins doux. Son nom fait encore débat. Pour certains, il ferait référence à la douceur naturelle de ses raisins lorsqu’ils arrivent à maturité. Pour d’autres, il dériverait du mot piémontais dosset, qui désigne une petite colline ou un coteau peu élevé, ce qui correspond parfaitement aux paysages où il est cultivé.

Le Dolcetto affectionne justement ces collines vallonnées, souvent exposées au sud ou au sud-ouest, mais aussi les secteurs un peu plus élevés et plus frais. C’est un cépage relativement précoce qui mûrit facilement et qui trouve ici des conditions idéales. Les sols sont principalement constitués de marnes calcaires, d’argiles et de grès, des terroirs qui permettent d’obtenir des vins très expressifs tout en conservant une belle fraîcheur.

Dans le verre, le Dolcetto d’Alba donne des vins d’une robe profonde, presque violacée dans leur jeunesse avec des arômes qui évoquent généralement la cerise noire, la mûre, la prune, parfois la myrtille, accompagnées de notes florales de violette. Avec le temps peuvent apparaître quelques nuances d’épices douces, de réglisse ou de sous-bois.

En bouche, c’est un vin qui se distingue par une acidité plutôt modérée, bien moins marquée que celle de la Barbera ou du Nebbiolo. Les tanins sont présents mais restent souples et peu agressifs. L’ensemble offre une texture ronde, gourmande, avec cette légère amertume en finale, souvent sur l’amande, qui constitue l’une des signatures du cépage. Ce sont des vins accessibles, généreux et particulièrement agréables à boire dans leur jeunesse.

Même si la plupart des Dolcetto d’Alba sont destinés à être bus dans les trois à cinq ans, certains producteurs élaborent également des cuvées Dolcetto d’Alba Superiore, soumises à un cahier des charges plus exigeant, avec notamment un degré alcoolique minimum plus élevé, des rendements plus faibles et un passage en fût plus marqué.

Comme dans de nombreuses appellations italiennes, vous pourrez aussi rencontrer la mention Vigna sur certaines étiquettes. Elle indique que les raisins proviennent d’une parcelle précisément délimitée et enregistrée, l’équivalent de ce que l’on appellerait en France un climat ou un lieu-dit.

À table, le Dolcetto d’Alba est un formidable compagnon du quotidien. Il accompagne parfaitement les antipasti, les charcuteries, les pizzas, les pâtes à la sauce tomate ou aux champignons, les risottos, les volailles rôties ou encore les fromages peu affinés. Bref, un vin convivial et sans prétention.

Autre bonne nouvelle : il reste très abordable. On trouve de très belles bouteilles entre 12 et 20 euros chez les cavistes spécialisés ou dans les épiceries italiennes. Parmi les domaines de référence, on peut citer Elio Altare, Domenico Clerico, Ceretto, mais aussi Giuseppe Rinaldi, Poderi Luigi Einaudi, Luciano Sandrone ou encore G.D. Vajra.

Pour terminer, sachez que le Dolcetto ne se limite pas à cette seule appellation. Il existe aujourd’hui huit appellations qui lui sont consacrées en Italie : six DOC portant son nom, comme Dolcetto d’Asti, Dolcetto d’Ovada ou Dolcetto di Diano d’Alba, et deux DOCG. L’une d’elles est Dolcetto di Ovada Superiore. L’autre, plus célèbre, est Dogliani, seule appellation dont le nom ne mentionne pas le cépage, alors qu’elle lui est entièrement dédiée.

Si vous en avez l’occasion, le meilleur moyen de découvrir le Dolcetto d’Alba reste encore de vous rendre sur place. Entre les paysages magnifiques des Langhe, les caves ouvertes à la dégustation, la gastronomie piémontaise et l’ambiance unique d’Alba, le voyage vaut largement le détour, le tout avec modération bien sûr.

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