Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Pod’Vins, votre podcast 100% Vins, mais pas que, je suis Arnaud, j’espère que vous êtes prêts pour une nouvelle aventure viticole qui aujourd’hui nous conduit de l’autre côté de la Méditerranée dans un pays ou plutôt un royaume dans lequel on ne s’attend pas forcément à trouver de l’alcool et a fortiori du vin en raison du poids de la religion musulmane, qui interdit la consommation d’alcool. Et ce pays, bien sûr, c’est le Maroc.
Le Maroc est le 36ᵉ producteur de vin au monde, membre de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin, et le deuxième producteur de vin d’Afrique derrière l’Afrique du Sud, avec plus de 42000 hectares de vignes. C’est un pays parfaitement adapté à la culture de la vigne, qui réunit toutes les conditions indispensables pour faire du vin de qualité que ce soit au niveau des sols, du relief, comme au niveau climatique. Tout ça, bien sûr, à condition de maitriser les ressources en eau.
Et le Maroc aime le vin, au point qu’il n’exporte qu’une très faible partie de sa production et que le niveau de la consommation locale impose l’importation de vins d’autres pays. Car si la vente d’alcool est interdite aux musulmans par la loi marocaine, il est tout à fait possible de trouver du vin dans les bars, restaurants ou magasins sous licence, pour autant que cela se fasse en toute discrétion. Les autorités marocaines gardent à l’esprit que la consommation d’alcool reste une source importante de revenus pour l’État.
D’autant que le Maroc possède une longue tradition viticole qui remonte à l’Antiquité. Toutefois, ce sont les protectorats français et espagnol qui changèrent la donne. Alors que l’Europe manquait de vin après le phylloxéra à la fin du XIXe siècle, le Maroc prit le relais pour alimenter les grands ports européens, malheureusement marquant le début d’une production de masse laissant peu de place au développement des vins de qualité.
Puis vint l’indépendance en 1956, et surtout l’interdiction par le traité de Rome en 1967 du coupage des vins européens avec des vins étrangers. Ce fut le coup de grâce pour le vignoble marocain qui se réduisit comme peau de chagrin.
Les viticulteurs marocains durent s’adapter, délaisser le vrac de mauvaise qualité pour s’orienter vers la mise en bouteille à partir de cépages plus qualitatifs et de méthodes de vinification plus élaborées.
Depuis plusieurs décennies, le vin marocain connaît une véritable renaissance. Bien qu’il fasse très chaud et qu’il faille gérer le Chergui, un vent chaud et sec du Sahara qui sèchent les raisins, le Maroc jouit d’un climat méditerranéen mais également océanique qui apporte de la fraîcheur, tout en bénéficiant également de l’influence des montagnes de l’Atlas.
Aujourd’hui, le Maroc compte 3 AOC, des appellations de niveau supérieur et 14 AOG, des appellations d’origine garantie.
Les 3 AOC sont les Coteaux de l’Atlas, dans la région de Méknès, c’est la plus ancienne et la plus connue, le Crémant de l’Atlas et les Côtes de Rommani, qui se situe au Sud de Rabat.
Quant aux AOG, c’est un triangle Meknès/Rabat/Casablanca qui domine avec 3 zones principales :
–Fès-Meknès dans les contreforts nord de l’Atlas. Ici se trouvent les appellations Sais, Beni Sadden, Beni M’Tir, Guerrouane et Zerhoun,
-La plaine côtière autour de la capitale Rabat avec Chellah, Gharb, Zaer et Zemmour,
-Et la région de Casablanca avec Doukkala, Sahel et Zennata.
A tout ça s’ajoutent Angad et Berkane, dans la région de l’Oriental, au Nord en bord de Méditerranée.
Le Maroc produit des vins rouges, des vins blancs et des vins rosés et même des vins effervescents à base d’une multitude de cépages comme le Cinsault, le Carignan, l’Alicante Bouschet, la Syrah, le Grenache, le Cabernet-sauvignon, le Merlot, le Tempranillo, le Malbec, le Tannat ou encore le Mourvèdre pour les rouges. Et le Chardonnay, le Grenache blanc, la Marsanne, la Roussanne, le Sauvignon, le Vermentino, l’Ugni blanc, la Clairette, le Muscat, le Viognier, le Bourboulenc pour les blancs.
Mais le Maroc produit aussi un autre type de vin, à côté duquel vous n’avez pas pu passer si vous avez déjà mangé dans un restaurant marocain, c’est le vin gris, populaire dans les régions de Boulaouane et Gerrouane.
Le vin gris, c’est un vin très pâle, gris/rosé, élaboré à partir de raisins rouges à jus blanc, notamment le Cinsaut ou le Grenache, en pressurage direct, quasiment sans macération, avec un style évidemment très léger.
Les vins marocains s’associent parfaitement avec la cuisine locale, qui est riche en épices et en saveurs complexes, cela peut être le couscous bien sûr ou le tagine pour ce qui est des rouges alors que les blancs accompagnent bien les plats de poisson ou les salades.
Le vin gris marche bien avec un peu tout, il est très rafraîchissant, que ce soit en apéro ou sur un plat de poulet, une salade, etc…
Les vins au Maroc sont dominés par le groupe Diana Holding qui possède les Celliers de Meknès, le leader du vin marocain avec 85 % de la production, auxquels appartient également le célèbre Château Roslane à qui le Ministère de l’Agriculture en 2008 donna l’autorisation pour la première fois de porter l’appellation « Château », et Thalvin qui possède aussi un domaine bien connu au Maroc, celui d’Ouled Thaleb.
Le numéro deux des vins marocains est le groupe Castel dont nous avions déjà parlé d’ailleurs dans le podcast sur la Villageoise.
A côté de ça, il existe des domaines intéressants comme le Domaine de la Zouina ou Les Domaines du Val d’Argan.
Le vin marocain est une découverte incontournable pour les amateurs de vin et les voyageurs curieux de déguster les produits locaux avec les mets locaux. D’autant que bon nombre de domaines marocains ont compris qu’il était possible d’améliorer significativement la qualité des vins grâce à l’environnement favorable dont ils bénéficient. Donc suivons de prés l’évolution de ce vignoble et en attendant, il est toujours possible de trouver ça et là quelques bouteilles pour des prix plus que raisonnables afin d’accompagner des repas aux saveurs orientales, avec modération comme toujours.


