Bonjour les amis, bienvenue sur Pod’Vins, votre podcast 100% Vins, mais pas que, je suis Arnaud, j’espère que vous allez bien et aujourd’hui je vous propose un épisode un peu spécial qui va parler de la consommation d’alcool chez les enfants au 20ème siècle.
La lutte contre l’alcoolisme a pris un tournant majeur en 1991 avec la fameuse loi Evin, qui limite fortement le droit de faire de la publicité pour les boissons alcoolisées, notamment pour protéger les jeunes des opérations de marketing.
Il faut dire que le problème de l’alcool chez les jeunes n’était pas un débat nouveau et n’était même pas un débat tout court au début du 20ème siècle. Il était courant qu’ils consomment du vin au cours des repas car on considérait que seule la consommation abusive était dommageable pour la santé et qu’au même titre que la viande ou d’autres aliments, le vin donnait de la force aux enfants. Sans parler du symbole de virilité que cela pouvait représenter. Bref, le vin faisait partie de la culture de l’époque et du quotidien des français, qu’ils soient jeunes ou adultes.
Mais ce n’est pas tout, les enfants buvaient également du vin dans les internats et les cantines scolaires, certes souvent coupé avec de l’eau pour les plus jeunes, ce qui évidemment nous paraît dingue aujourd’hui.
Alors en 1954, Pierre Mendès France, Président du Conseil sous le gouvernement de Guy Mollet, décida de s’attaquer au problème et créa le Haut Comité d’étude et d’information sur l’alcoolisme. Il s’ensuivit 2 ans plus tard une circulaire ministérielle qui interdit la distribution d’alcool dans les cantines scolaires de l’Hexagone, remplacé par un verre de lait, mais seulement aux enfants de moins de 14 ans. Ce qui politiquement d’ailleurs fut interprété à l’époque comme un cadeau fait aux producteurs de lait, Mendès France étant élu en Normandie.
Par contre au-delà de 14 ans, les élèves pouvaient continuer à se désaltérer avec « des boissons ne titrant pas plus de trois degrés d’alcool », s’ils avaient l’accord de leurs parents. Le document précisait aussi : « pas plus d’un huitième de litre » de vin coupé d’eau par élève, de la bière ou du cidre léger.
Mais les français sont têtus et surtout en ce qui concerne des sujets aussi sensibles. Du coup, c’est souvent en cachette, notamment dans les régions rurales, que les enfants se retrouvent avec du vin dans la gourde, parfois avec le consentement des instituteurs sous la pression des parents. Et après tout, Pasteur disait bien que “l’alcool est la plus saine et la plus hygiénique des boissons”.
Et la jeunesse a soif, notamment de liberté. A partir des années 60, la jeunesse s’enivre en toute insouciance. C’est le début du binge drinking. Le phénomène inquiète et il faudra attendre 1981, sous le mandat de François Mitterrand, pour qu’une nouvelle circulaire du ministère de l’Éducation nationale élargisse l’interdiction. Selon les termes de la circulaire du 3 septembre, « l’eau est la seule boisson hygiénique recommandable à table » et toutes les boissons alcoolisées sont désormais proscrites dans les cantines et restaurants scolaires, pour tous les élèves sans distinction d’âge. C’est en fini du vin à l’école.
Le dernier évènement important est la loi HPST de 2009 qui interdit la vente d’alcool et de tabac à tous les mineurs, renforçant encore la protection des enfants au-delà du cadre scolaire, parachevant un demi siècle de protection institutionnelle des plus jeunes contre les méfaits de l’alcool.
Evidemment, on ne peut que se rejouir de cette évolution de la réglementation à l’égard de nos enfants car nous savons que l’alcool est toxique pour le cerveau en développement d’un enfant et qu’il risque de créer de la dépendance ou des problèmes sanitaires.
Malheureusement, l’alcool continue de faire des dégâts chez les jeunes. Mais les choses évoluent, certes lentement, mais positivement, et c’est tant mieux.
Donc si vous êtes en âge de boire du vin et de l’alcool et que vous écoutez ce podcast informez-vous, ne buvez pas n’importe quoi et surtout, je le répète assez souvent, buvez avec modération.


